1/12/2009

Nous voici donc dans l’année de la vache. Maigre probablement, si l’on en croit les analystes, plus pessimistes les uns que les autres. Il s’agira surtout, pour rester à la surface et atteindre 2010 sans perdre pied, de s’accrocher aux acquis. De ne pas perdre ce qu’on a gagné. "Est-il rien de plus parfumé, de plus pétillant, de plus enivrant que le possible ?" disait Kierkegaard. En clair, savourons l’acquis comme une victoire, et sachons nous en satisfaire. Pour l’atelier décalé, d’ores-et-déjà 2009 semble préfigurer une continuité avec 2008, où mes activités d’illustrateur et d’adaptateur n’ont pas connu de relâche. Bon, pas de quoi se la raconter non plus: à 42 ans j’aurai mis le temps pour me stabiliser ! Si j’en juge par le programme des semaines à venir, je prévois même une rupture d’anévrisme aux alentours du printemps. Jugez plutôt: j’aurai à terminer d’ici février l’adaptation d’"Un zoo en hiver" de Taniguchi, immédiatement suivie par celle du premier tome de "Au temps de Botchan", dont Casterman a racheté les droits pour le publier en sens de lecture universel, et que je devrai rendre avant l’été. Entre-temps j’aurai dessiné mes dernières planches pour la série "Wandering Mind", et lancé la nouvelle série, toujours pour Asahi Weekly, qui devrait s’appeler "The Maiden Voyage", et dont la première page sera publiée courant avril. D’ici là je devrai également maquetter ma nouvelle page pour NHK, puis l’alimenter en nouveaux jeux. Tout ça en plus de mes 8 cours hebdomadaires. Bon, j’ai l’air de me plaindre là, mais pas du tout ! Je tire une sincère satisfaction d’une situation que j’ai longtemps espérée, surtout quand on sait combien mon métier est aléatoire et ses réussites conjoncturelles. Je veux seulement signifier que le temps sera mon pire ennemi, en 2009 comme en 2008. J’avais écrit le 7 janvier 2008 : "J’ai eu en 2007 la confirmation de mon incapacité chronique à courir deux lièvres à la fois, à me concentrer simultanément sur deux projets. (…) D’où une mauvaise gestion de mon temps. Et si j’ai eu l’impression d’avoir été très occupé ces derniers mois, au final, il en est sorti peu d’images. En 2008, je dois absolument apprendre à cultiver l’ubiquité. A savoir garder l’oeil droit ouvert sur le monde tandis que l’oeil gauche est rivé sur la table à dessins. Ou inversement les jours impairs." Un an après, pas de quoi pavoiser. Si je parviens aujourd’hui à lutter efficacement contre ma tendance naturelle à la procrastination, je souffre toujours autant pour gérer une surchage de travail. Sur une longue durée, ce genre de pression agit comme un enfermement, créant artificiellement un espace de vie en dehors duquel le temps passé est implicitement considéré comme perdu, voire coupable. Or, dans un métier où le timing, donc les rencontres, sont primordiaux, c’est une situation qui, en nous "désocialisant", grève nos vélléités de développement. Et ce quand bien même ce qu’on fait résulte d’un choix volontaire et assumé. J’ai bien conscience du paradoxe de mon raisonnement. L’idée est un peu difficile à exprimer. On pourrait aussi la résumer par cette formule : "Trop de travail tue le travail" !
L’une des clefs, c’est la bonne gestion du temps. Et notamment apprendre à se concentrer sur l’essentiel, en évacuant l’accessoire. C’est entre autres pourquoi je prends la décision de délaisser ce blog, au moins jusqu’en février. Je n’ai pas aujourd’hui l’énergie d’y consacrer quelques heures par semaine. Or s’il devient une contrainte, il n’a plus de raison d’être. Et puis j’aimerais lui donner un nouveau tour. Plus vivant, plus ouvert sur le monde. J’ai des idées, vous en saurez plus en février.
Keep in touch, comme on dit dans les bars américains où je ne vais jamais.
Vincent Lefrançois
12/29/2008
ねずみ年ももう終わりですね。 12月末は例年メディアが少しばかり手を抜きたがる時期で、「今年を振り返ってみましょう」とかいいながら映像や記事を使い回してますよね。 そこで私も、この年内最後の月曜日のブログで自分の一年の仕事を事細か~に総合評価をしよう、と考えました。今年は当初の想定と比べれば、かなり上手くいった年でした。少なくとも、いい流れを作る土台を組み立てられたような気がしています。その歯車が故障する可能性もあるのですが、でもまあ、その時はその時です。 言いたかったことは要するにそれです・・・私は他のもっと緊急の用事に追われていたんです。
私たちは今、長崎の五島に行く準備をしています。妻の実家で新年を迎えるのです。この帰省については来年、つまり来週お話します。 この一年間、私のささやかな体験を綴ったブログを読んで下さった皆さん、サイトを見てくれた皆さん本当にありがとうございました(2008年は1日当たり18人の方がこのサイトにアクセスしてくれました)。2009年もまたここでお会いしましょう。
来年の丑年がどうなるのか、まだ分かりません。でも私は剣と赤い旗で挑みます。そうでしょう?でなきゃやられちゃいますからね。
皆さんの2009年が良いものでありますように。
よい一週間を。また月曜日に。
ヴァンサン・ルフランソワ
L’année du rat tire sur sa fin, on n’en voit d’ailleurs plus que la queue. Les derniers jours de décembre sont le moment où traditionnellement les médias flemmardent grave en farfouillant dans leurs archives pour rebalancer de vieux sujets censés donner un aperçu de l’année écoulée, la réduisant très arbitrairement à quelques moments pittoresques et signifiants. Du coup, en ce dernier lundi de l’année, j’avais prévu moi aussi de faire un bilan détaillé de mon année professionnelle, qui fut, au regard de ce que j’en attendais, plutôt réussie. Du moins ai-je eu le sentiment d’enclencher un mécanisme prometteur. Possible que la machine s’enraye, mais bon, ce qui est fait est fait. De tout cela je voulais donc parler, en vous livrant mes plus fines analyses et mes remèdes à la crise économique (non, je déconne; je les garde pour moi), et puis j’ai été occupé par d’autres affaires plus urgentes.
Maintenant, nous sommes dans les préparatifs pour aller passer le nouvel an dans l’île de Goto, où réside belle-maman. Alors mes fines analyses, vous les aurez pas avant l’année prochaine, soit à peu de choses près dans une semaine.
Déjà je remercie tous ceux qui ont eu la gentillesse de lire ce blog tout au long de l’année pour suivre mes petites aventures, comme ceux qui ont visité mon site ( 18 visites par jour en moyenne en 2008 ), en leur donnant rendez-vous en 2009.
Je ne sais encore de quoi cette année de la vache sera faite, mais la bête à cornes me trouvera sur sa route avec une épée et une grande cape rouge, parce que hein, si l’un de nous doit avoir les oreilles et la queue de l’autre, j’aimerais autant pas finir l’année avec des prothèses.
En vous souhaitant une très bonne année.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
12/22/2008

今年の年末は出来事が目白押しでした。 上の写真はその一番新しいニュースに関するものです。 私はサンタクロース宛ての手紙に、欲しいものを何でもかんでも書きました。マイ・ホーム、国際BDフェスティヴァルのグランプリ、ニコール・キッドマン、IQ150、ジョージ・クルーニー的微笑み、それか車。で、サンタクロースもあまり悩む暇もなかったのでしょう、一番手に入れやすいものをくれました。車です。 プジョーの307 SWの、7シーター(!)ABS搭載、オープン・ルーフ、ドリンク・ホルダー完備。オプションとしてシガー・ライター付き。 ところが中古なんですねぇ、これが。でもまだ6,000kmしか走ってない車って、かなりいい買い物ですよね。あとはこの支払いのためにもうちょっといっぱい絵を描かくだけです。おかげでやる気が出てきました。 前はぼろい日産の車に乗ってました。ちゃんと走ってくれればそれで良かったんです。でもある日、ガソリン・タンクが漏れだしてしまって。修理の見積もりを見たとき、工場長に「あなた、どんな高級ホテルでバカンスを過ごすつもりなんですか」って真っ先に聞いてしまいましたね。修理は断りました。走行距離100,000km、この車ももう充分働いたんです。 307は、そんなわけで私たちの初めての車みたいなものです。42歳にしてやっと車を購入しました。すさまじい経済危機への突入期にクレジットで買い物をするというのが、合理的かどうかは分かりません。でもそれはまた別の話です。少なくとも、不況が悪化しても、私たちが外で眠ることはないでしょう。だって307 SWで寝れるんだから!ドリンク・ホルダーにコーヒーを置いてお茶だってできますよ。
今までの話はもうすぐクリスマスって言うための前振りです。あの恒例の張りぼて伝統行事、クリスマス。あちこちにきらめくイルミネーション、クリスマス・ツリー、どんな小さい包みにもつけられた星たち、ドアの後ろのサンタクロース、有り余るほどのプレゼント、贅沢すぎる食事。そして街中にあふれるあの、見せかけの、楽しまなくちゃいけない雰囲気。そういうものでできあがったのがクリスマス。逆説的に一年で最も誠実さに欠ける瞬間。はい、分かってますよ。私の意見は毒舌です。それで、この不況の時代を明るくするために、皆さんの楽しい楽しいクリスマスをいのります(!)これは心から。
気をつけてください、私にプレゼントを送るにはあと3日しか残ってません。
良い一週間を。また月曜日に。
ヴァンサン・ルフランソワ

Décidément cette fin d’année est riche en nouvelles. La photo ci-dessus vous renseigne sur la dernière en date. J’avais fait une liste au Père Noël, dans laquelle on trouvait pêle-mêle : une maison, un Grand Prix à Angoulème, Emma De Caunes, un QI de 150, les épaules d’Alain Bernard, ou une voiture. Bon, le gars s’est pas foulé, il a opté pour le plus accessible: la voiture. Heureusement que j’avais pas écrit une mobylette, j’aurais eu l’air con. C’est vrai aussi qu’il est assez occupé en ce moment. J’aurais voulu envoyer ma liste plus tôt, mais mon banquier me l’a interdit. Ils doivent être de mèche tous les deux. Je me demande même si c’est pas le même bonhomme qui change de costume suivant les circonstances, genre : lui je connais l’état de son compte, il aura des chocolats et rien de plus. Or donc, nous avons une nouvelle voiture. C’est une Peugeot 307 SW, 7 places (!) avec freins ABS, toit ouvrant, et porte-gobelets. L’allume cigare est en option. Bon, mais elle est d’occase hein ! Avec 6000 km au compteur, c’est plutôt une bonne affaire. Il va juste falloir que je dessine un peu plus pour la payer. Ça peut aussi motiver. Avant, nous avions une vieille Nissan, offerte il y a quelques années par une amie compatissante. Tant qu’elle roulait bien, ça m’allait. Et puis un jour elle a décidé de fuir. On me l’a pas volée, non, de fuir par le réservoir. Quand le garagiste m’a envoyé le devis, je lui ai d’abord demandé dans quel Club Med il passerait ses prochaines vacances, et puis j’ai refusé. Après 100000 km, la voiture avait fait son temps. Cette 307, c’est donc un peu notre première voiture. A 42 ans, il était temps. Quant à savoir si s’engager dans un crédit à l’orée d’une terrible crise économique est bien raisonnable, ça c’est une autre histoire. Au moins, si la situation s’aggrave, on ne dormira pas dehors, mais dans une 307 SW ! On pourra même poser notre café dans les porte-gobelets.
Tout ça pour dire que Noël approche, avec tout son folklore habituel, légèrement asphyxiant : des enluminures partout, des sapins et des étoiles sur le moindre papier d’emballage, un Père Noël derrière chaque porte, des cadeaux superflus, des repas excessifs, et partout dans les rues cette joie feinte, obligée, qui fait de Noël, paradoxalement, le moment le moins authentique de l’année. Oui je sais, le constat est amer. Alors puisqu’il nous faut positiver en ces temps de crise, je vous le souhaite très joyeux (!) Et c’est sincère.
Attention : il ne vous reste que trois jours pour m’envoyer un cadeau.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
12/15/2008

今回は今月のニュースを報告をします。 私は何週間も前から、仕事の継続についての朝日ウィークリーの決定を待っていました。東京に行った時、編集長に、紙面のリニューアルの都合から私の連載 “Wandering Mind” は春以降は続けられない、と言われました。その時はがっかりしましたが、もともと厳密な契約なんてない連載でしたしね。その後、ちょっと期待してもいました。15ヶ月の連載でもう充分いい思い出になったという気持ちもありました。 でも編集長は私の仕事を評価してくれていて、テーマを変えて新しい連載を始めることを検討してくれていました。「例えばもっと自伝的な話はどうでしょう?あなたの日本での体験をもとにした、日記風のものとか」 なんて親切でかつ絶対的な提案でしょう。編集長が私に仕事を発注して、私の企画を見て決めようとしている、というのが分かりました。 それで仕事に取り掛かりました。でも自分を主人公にするのは気がすすまないので、主人公を作りました。自分に似たキャラの。せこい手だっていうのは分かってますよ。でも自分の体験を活かしつつ、事実かどうかとかに捉われずに、面白かったり抒情的だったりするシーンを創るための苦肉の策なんです。 主人公は仕事のために初めて日本に来たばかりの若いフランス人アーティスト。彼がだんだんと日本を理解する過程が話の軸になっていて、出会った人とのエピソードの連続で進んでいきます。 1ページ目になる予定の部分を描きました。空港到着時の場面です。主人公は日本に住んでいるフランス人に出迎えてもらい、そして彼にとって初めてとなる日本人、タクシーの運転手さんと出会います。 オリジナルの英語バージョンですが、抜粋を載せておきます。デッサンはじっくり見ないで下さいね。雰囲気をつかむために描いたものであって、画力を見せつけよう、とかいうためものじゃないですから。 で、先週の金曜日に返事が来ました。OKだそうです! 連載は2009年4月から始まります。毎月1ページなんで、問題がなければ少なくとも1年の連載になります。 いい感じじゃないですか。これなら、腕をキープしたまま、やりたかった日本についてのBDの企画を進められそうです。日本に来て、自分にとって風変わりな冒険だと思ったものを絶対形に残したい、って感じるあらゆるアーティストと同じ思いを、私も持っています。問題は、ガイジンは皆、自分の体験が、すっごい独特なものだったって考えてしまうことです。似たような記録やら話やらエッセーなんかはネットでも本屋でもいっぱいありますよね。いいもの(たまに)から、しょうもないもの(だいたいはこの部類)まで。 そんな訳で、自分の日本に対する深い理解を糧にして、月並みなものじゃない、面白くってためになる作品を作ろうと思います。 ひとつの挑戦状ですね。
よい一週間を。また月曜日に。
ヴァンサン・ルフランソワ

Cette fois, c’est carrément la nouvelle du mois que je m’en viens vous annoncer. J’attendais depuis plusieurs semaines la décision de Asahi Weekly quant à la poursuite de notre collaboration. A Tôkyô, la rédactrice en chef m’avait expliqué que, pour des raisons de renouvellement éditorial, ma série "Wandering Mind" ne verrait pas le printemps. Il m’avait fallu accuser le coup, mais après tout on ne m’avait rien promis, et puis je m’y attendais un peu. 15 mois, c’est déjà un beau cadeau. Appréciant mon travail, elle restait cependant ouverte à toute proposition pour démarrer une nouvelle série, sur un thème et un mode narratif différents. Par exemple, me dit-elle, une histoire plus autobiographique, sur le mode du journal, inspirée par mon expérience japonaise, et révélant le regard des étrangers sur la société. Voilà le genre de suggestion amicale, dite sur un ton badin, qui vaut ici pour consigne. J’ai compris qu’elle me passait commande, et qu’elle se déciderait en fonction de la pertinence de mon projet. Je me suis donc retroussé les manches, mais comme je n’avais pas envie de me mettre à nouveau en scène, j’ai imaginé un héros… qui me ressemble. Oui, je sais, c’est hypocrite. Mais c’est aussi le seul moyen que j’ai trouvé pour à la fois m’inspirer de mon expérience et imaginer des scènes amusantes ou poétiques, sans avoir à me confiner dans les limites du vécu pour des raisons d’authenticité. Le héros est un jeune artiste français, qui vient passer son premier séjour au Japon à la faveur d’une bourse octroyée par une fondation quelconque. Sa découverte progressive du pays servira de fil conducteur, et ses dépucelages successifs (culturels hein !) alimenteront les épisodes. J’ai écrit et dessiné ce qui pourrait être la première page, quand, à son arrivée à l’aéroport, il est accueilli par un expat’, et savoure son premier contact avec un autochtone : le chauffeur de taxi. Les deux bandes ci-dessus en sont extraites, dans leur version anglaise originale. Faites pas attention au dessin, cette planche d’essai a été carrément jetée sur le papier, il me fallait juste poser le ton. Je n’avais pas à prouver l’étendue de mes phénoménales capacités graphiques.
Visiblement ça a suffit, puisque la réponse est tombée vendredi : c’est OUI ! La série débutera en avril 2009, à raison d’une page par mois, et pour un an au moins si tout va bien. Cool. Ça me permettra de garder la main, tout en développant un projet de BD qui au fond me tient à coeur, comme tous les artistes qui sont passés par le Japon et tinrent absolument à laisser une trace de ce qu’ils considèrent comme une aventure pittoresque. Le problème, c’est que tous les "gaïjins" d’un jour ne peuvent s’empêcher de croire que leur expérience fut extraordinairement originale. Les exemples de témoignages, de récits, ou d’essais pullulent sur le net et dans les librairies, pour le meilleur (parfois) et le pire (souvent). Il suffit que la scène se passe dans un temple, avec un kimono et trois collégiennes à socquettes dans le fond, pour que l’auteur ait l’impression de faire un reportage ethnographique façon Levi-Strauss.
Bon, mais je vais essayer de pas tomber dans le panneau, et de m’appuyer sur ma connaissance approfondie du Japon pour évacuer les poncifs et proposer une fiction instruisante. C’est pas gagné, mais le défi est stimulant.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
Post-scriptum : en relisant ce blog, je m’aperçois que j’ai écrit "mes phénoménales capacités graphiques" (!) C’est peut-être un peu exagéré. Mais ça va me permettre d’identifier mes lecteurs : ceux qui l’auront pris au premier degré sont soit des fans inconditionnels, soit des gens qui ne connaissent rien au dessin (souvent les mêmes), soit ma mère; ceux qui l’auront compris au deuxième degré …m’énervent terriblement.
12/8/2008
森尾プレス工業株式会社に最後のイラストを渡したところです(参照:12月24日のブログ)。それがその週で一番のいい出来事だったんです。それで会社側の意見も取り入れようと思ってやってみたんですが、結局は広報担当の人に「いいですよ、CDを送って下さい」って言われて、それで終わりでした。 最近アトリエは、他に大きな出来事はありません。谷口ジローさんの次回作のアダプテーションの遅れを取り戻すのに追われてます。1月末までに仕上げないといけないのに、まだ150ページも残ってる!楽しいクリスマスも待ってるっていうのに・・・ さて、今回は、親愛なる読者の皆様にゲームをお見せしようと思います。 ご存知かとは思いますが、私は4月からNHK出版との仕事をしています。世界中のあらゆる言葉のテキストを出している会社です(でもスワヒリ語はなかったような・・・きっとそこまでは手が回らないんでしょうね)。 私は“クイズde フランス語”という勉強に役立つゲームのコーナーを担当しています。普通はサイトに載せないのですが、今回は特別に、このゲームのために最近描いた2枚のイラストを載せます。ゲームのタイトルは" Mon amie Léa m’a dit…" (レアちゃんは、私に言いました)。フランス語で良く使われる表現の本当の意味をあてるゲームです(私のイラストはフランス語に慣れていない人が聞いた時にイメージするだろうものを描いています)。 表現には字義どおりの訳がつけられています。そのままでは日本語としては通じない表現です。その本当の意味を、読者は3つの選択肢から当てるのです。 難しいものではないですよ、遊びの感覚でやってみてください。 読者の人もハマってくれているみたいです。NHK出版には毎月500通くらいの解答が届いていて、これはなかなかの数字なんだそうです。 ブログのコメント欄に解答を書けます。正解した方には私から深い敬意が送られます。これはお金で買えない代物ですよ。
1- « Tu parles français comme une vache espagnole. » (あなたはスペインの牛のようなフランス語を話している。

どんな意味? 1- あなたのフランス語はスペインなまりがある。 2- あなたはでたらめなフランス語を話している。 3- あなたは俗語っぽいフランス語を話している。
2- « Il a le cœur sur la main. »(彼は手に心臓がある。)

どんな意味? 1- 彼は吐き気がする。 2- 彼は自己中心的な人です。 3- 彼は気前のいい人です。
解答お待ちしてます!
もしいい子にしてたら、おじさんが時々ゲームをあげるよ。NHK出版が2010年3月まで契約を延期してくれたらですけど。 楽しみにしててくださいね。 良い一週間を。また月曜日に。
ヴァンサン・ルフランソワ
Je viens de rendre ma dernière image à Morio Press (cf le blog du lundi 24 novembre) et c’est de loin la meilleure nouvelle de la semaine. J’ai ensuite essayé d’avoir l’avis du Boss, mais en vain. Ce type, c’est le Belphégor des chaînes de montage. Je me contenterai donc de celui de la chef comm’ : "ça va, vous pouvez envoyer le CD." Et c’est tout. A part ça, il se passe pas grand-chose d’ébouriffant à l’atelier ces temps-ci, occupé que je suis à rattraper le retard pris sur l’adaptation du prochain Taniguchi. Tout doit être rendu fin janvier et il me reste 150 pages ! ( si Casterman lit ça, je suis mort ) Je vais encore passer un Noël sympa, moi.
En attendant, une fois n’est pas coutume, je vais faire jouer mes gentils lecteurs. Comme vous le savez, je collabore depuis avril avec les éditions NHK, qui éditent chaque mois des fascicules pour apprendre toutes les langues du monde (sauf le swahili je crois, mais c’est parce qu’ils ont pas eu le temps). J’y ai la responsabilité de la rubrique "Soudain tout s’éclaire !", deux pages de jeux à vertu pédagogique. Puisque je ne compte pas mettre en ligne les images dessinées pour l’occasion, en voici deux, qui ont récemment illustré le jeu intitulé " Mon amie Léa m’a dit…" , dont le but est de faire deviner le sens réel d’une expression populaire imagée, au-delà du sens premier qu’une oreille non avertie pourrait lui prêter (mon image évoquant la représentation mentale que l’apprenant pourrait en faire). On donne une traduction textuelle de l’expression, qui n’existe pas dans la langue japonaise, et on propose trois interprétations. Au lecteur de deviner celle qui lui semble la plus vraisemblable. Rien de bien compliqué en somme, et finalement très ludique à faire. Or les lecteurs se prennent au jeu puisque NHK reçoit environ 500 réponses par mois, ce qui est une bonne moyenne, m’a-t-on dit.
Pour ce blog, je change un peu les données du jeu : les deux images ci-dessous illustrent deux expressions françaises bien connues. Sauras-tu les retrouver ? Vous pouvez utiliser l’espace des commentaires pour répondre. Les gagnants auront droit à ma profonde considération, ce qui évidemment n’a pas de prix. Ceux qui seront capables de m’expliquer l’origine des expressions recevront en supplément mes salutations distinguées.
D’abord la première, métaphorique et intraduisible :

Puis la seconde, plus classique :

A vos claviers !
Et si vous êtes gentils, Tonton Vincent vous offrira d’autres jeux régulièrement, d’autant que NHK a accepté de prolonger l’aventure jusqu’en mars 2010 ! C’est dire si vous serez gâtés.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
12/1/2008

外国から来た人が一番住みたいと思うのは東京です。国の経済力の中心地だし、地方より発展の見込みがありますからね。 でも、例えば福岡のような地方の都市にも魅力はいっぱいあります。 数えだすときりがありませんが、一番は生活のし易さです。いろいろ挙げていくと東京の友達をうんざりさせそうなんで、もう一個だけ、別のメリットを言います。ささやかですが、私にとっては本当に幸せなことです。それは外交/文化を問わず、フランスに関するあらゆるイベントで優遇されること、そしてそこですごい人たちに会えるってことです。 そんなわけで、気がついたらBDの作家達のお世話やガイドをしてたり、作家やミュージシャン、写真家と挨拶してたりしました。たまに超有名人もいて、例えばジェーン・バーキンと冗談を交わしたり、シラク元大統領と食事をした、なんてことも。 別に自慢してる訳じゃないですよ。大体の場合は成り行きからそうなったってことですから。でもそのおかげでじっくり自分の能力をアピールできました。 こんな貴重な体験は東京だったら絶対できなかったでしょう。領事館や大使館の重役とのコネでもない限りね。 何でこんな話をしているのかというとですね、2週間前に小説家のミュリエル・バルベリさんが福岡に来たんですよ。彼女の『優雅なハリネズミ』(早川書房)の日本版発売にちなんで、九州日仏学館で講演会が行われたんです。そしてまたしても私は絶好のポジションにいました。 説明しておくと、2006年に出版された『優雅なハリネズミ』はフランスだけでも100万部以上売れて、世界25カ国で翻訳された作品です!ベスト・セラーですよ。 私はバルベリさんが谷口さんの大ファンなのを知ってました。小説の登場人物の中にもファンがいて、漫画からの引用が何回も出てくるんですから。 だから話しかけるのは簡単でした。バルベリさんはすぐに僕のアダプテーションの仕事にすごい興味を示してくれて、谷口さんについて、日本の漫画について矢継ぎ早に質問してきました。講演会後、一緒に食事をしました。向かい合い、手に手を取って、そして二人は・・・というのは冗談です、その夜は確実に10人近い人たちがいましたからね。でもほんとの話、パーティーのかなり長い時間、私たちは隣あって座り、自分たちを受け入れてくれたこの国の印象について語って過ごしました。私は日本に来て17年。彼女は9ヶ月。京都に着いた時、バルベリさんは夫と一緒にずっとこの町に住む、と決めたそうです。 なんてチャーミングでオープンでユーモラスな女性でしょう!会話も熱意がこもっていて、実りの多いものでした。バルベリさんの日本へのまなざしは、まだ距離のある、分析的なものですが、相変わらず好意です(詳しく知りたい方は彼女のブログをご覧あれ→http://muriel.barbery.net/)。 彼女の見方が今後どのように変わっていくのか、楽しみです。 逆にバルベリさんは“ベスト・セラー”作家としての自分の仕事についてはほとんど話しませんでした。予想外の状況にまだ驚いているみたいです。
メールをし合いましょうと約束して別れました。で、その後私はメールをしたんですが、返事はまだです。次回作の頭に「ヴァンサン・ルフランソワに捧ぐ——」って書いてもらうには、なかなか根気がいりそうです。
よい一週間を。また月曜日に。
ヴァンサン・ルフランソワ

En arrivant au Japon, la tentation est grande pour l’immigrant de s’installer à Tôkyô, tant les forces vives du pays y sont centralisées, et les perspectives de développement plus évidentes qu’ailleurs. Pourtant, bien des raisons poussent à ne pas aller s’interner dans cet asile à ciel ouvert, et préférer une ville comme Fukuoka. Je pourrais en énumérer une pleine brouette, les unes économiques, les autres liées à la qualité de la vie, mais ça énerverait mes potes installés dans la capitale, et qui, bien qu’eux-mêmes originaires de la province française, prennent des airs navrés en parlant de Fukuoka comme les Parisiens adoptent un ton compatissant en évoquant Clermont-Ferrand ( hé hé… vengé ). Alors je n’en retiendrai qu’une, anecdotique et circonstancielle certes, mais qui me procure de réels plaisirs : le privilège d’être aux avant-postes pour tout événement francophile, culturel ou diplômatique, et d’y faire des rencontres précieuses. C’est ainsi que je me suis retrouvé à m’occuper ou guider des dessinateurs en villégiature à Fukuoka, comme Jean Solé, Pierre-Yves Gabrion, Thierry Robin, David Prudhomme, ou plus récemment David B, à croiser des personnalités de renom, écrivains, musiciens, photographes, à parler BD avec un académicien français (Pierre-Jean Rémy), à rigoler avec Jane Birkin, à prendre le petit-déjeuner avec Chirac, ou encore à dîner avec la Mano Negra au grand complet, en 1991 ( le restaurant a été laissé dans un tel désordre que je n’ai plus jamais osé y remettre les pieds ). Il serait ridicule d’en tirer une quelconque gloire : il s’agissait le plus souvent d’une conjonction d’événements qui me mettait sur leur chemin, favorisée par une position de monopole, gràce à laquelle je pouvais à loisirs exploiter certaines compétences particulières. Mais de toute évidence, je n’aurais jamais pu vivre ces moments rares à Tôkyô, à moins de bénéficier d’une position prestigieuse à l’institut ou à l’ambassade. Pourquoi je parle de ça ? Parce qu’il y a deux semaines, la romancière Muriel Barbery est venue faire une conférence à l’institut de Fukuoka, à la faveur de la sortie japonaise de son roman "L’élégance du hérisson", et que j’étais là encore aux premières loges. Pour information, "L’élégance du hérisson", paru en 2006 chez Gallimard, s’est vendu à ce jour à plus d’un million d’exemplaires, rien qu’en France, et a été traduit dans 25 pays ! Ce qu’on appelle un best seller quoi. Or je savais que Muriel Barbery avait une passion pour Taniguchi (si!) puisqu’elle l’avait interviewé pour la postface de "La montagne magique" (Casterman) et qu’un des personnages de son roman était lui-même fan du père Jirô, le citant à plusieurs reprises. Comme en plus nous avons une amie commune, en la personne de Corinne Quentin, son agent au Japon et la traductrice de Taniguchi pour Casterman, il m’a été facile d’engager la conversation. Or, elle a tout de suite montré un vif intêret pour mon travail d’adaptateur, me posant mille questions, sur le Maître, les mangas… Moi, j’étais venu pour l’écouter, elle ! Après la conférence, nous sommes allés dîner en tête à tête, et la main dans la main, nous… non je déconne, on était une bonne dizaine évidemment, mais il est vrai que, assis côte à côte, nous avons passé une bonne partie de la soirée à échanger nos impressions sur ce pays qui nous accueillit, moi il y a 17 ans, elle il y a 9 mois en arrivant à Kyôto, où elle décida de s’installer définitivement avec son mari. Voilà une femme charmante, ouverte, malicieuse; la conversation fut chaleureuse et instructive. Son regard sur le Japon, bien que très analytique, est encore imprégné de la fraîcheur des premiers émois. Sa distance reste admirative, un paradoxe qui met en lumière son bouleversement profond. ( Pour en savoir plus, lisez son blog : http://muriel.barbery.net/ ) Il sera intéressant de mesurer l’évolution de ses analyses au fil du temps.
En revanche, de son métier comme de son statut de "best seller" elle parla assez peu, toute à sa surprise de vivre une situation qui semble la dépasser par son ampleur.
Nous nous sommes promis de nous écrire en nous quittant. Bon, moi, depuis je l’ai fait, mais je n’ai toujours pas reçu de réponse. Va peut-être falloir que j’insiste pour qu’elle me dédicace son prochain livre.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
11/24/2008
 
日本には長年いますけど、まだまだ首をかしげたくなるようなことはあるものです。 4月7日の日記で、福岡に工場がある森尾プレス工業株式会社からイラストの依頼を受けたって話しましたよね。この仕事、実はまだ終わってないんです!で、私はどうしてなのかイマイチ理由が分からないってわけ。 説明しましょう。 私は最初、プランニングで遅れをとっちゃったんです。それは本当です。でも、8月末にフランスから戻ってから急いでサイト用の17枚のイラストを仕上げたんです。9月の初めには全部提出して、満足してもらえたみたいだったんですよ。
 
それで、もう残っているのは一枚だけ。でもこれが一番大切なやつで、10月に社員募集をする時の広告に載せるものだったんです。 最初に提示したイメージは社長にダメだって言われてしまいました。でもここまでは当たり前。これが仕事ってものですから!だから、何日かたって、9月末ごろに3つの新しいアイデアを提案したんです、もっとシンプルで、直接的なものをね。これらのアイデアは担当の人のOKをもらったんです。でもまだ社長の了承をもらわなければいけなかったんです。そしたら、そこから進めなくなっちゃったってわけ! 2週間たってもまだ返事なし。電話では社長がとても迷っていて(?!)忙しくてまだ考える時間がないって。しょうがない、待つしかありません。一ヶ月経過。そしてまた電話をしてみました。でも返事は同じ。「社長はまだ決めていないんです(!)」 そこで、私も、こういう態度を取るには文化的理由があるに違いないって気づいたんです。待つしかないってことにね。 日本では1を聞いて10を知るってところがあるんです。空気を読むってことですよ。絶賛してもらえないってことは気に入らないってことなんです。はっきり言って、日本人が「悪くないですね。」って言う時はあんまり気に入らないからやり直しってこと!最初のころは分からなくてとても大変だったんですよ。今では物事がもっとよく分かるようになったと思います。全てじゃないですけど。だって今回のことは理由が分からないんですから!確信が持てないから?時間がないから?判断できないから?それとも、アイデアがダメだって言わないだけ?イラストを描き始めましょうか?って言ったんですけど、しなくていいですって。つまり、私は霧の中にいるみたいな感じで、もうどうしたらいいのかさっぱりって分からないってこと! そうこうしていたら、急にこの間の木曜日に電話がありました。「社長が2番目のアイデアがいいそうです。イラストを待ってます!」そう、これでおしまい・・・。 社長さんの性格が原因でこういうことになったと思うんですけど、この話の後では交渉の最初から全ての細かい点にまで気を配ろうと決めました。
 
これらのイラストでの役割っていうのは、工場での仕事を詳しく表現して、製造業のコンセプションをいきいきと魅力的に表現すること。 でも、すごく美化したんですよ。最終的に、私が肌で感じた工場の雰囲気とは違う感じのイラストになったんです。残念・・・。 これがそのうちの一部です。サイトには載せないのでどうぞ楽しんで下さいね。
ただ、本来の目的が達成されたことを祈るばかりです。もしここで働きたいって気持ちになったら、それが成功の証しってわけです。 結局のところ、私にとってはアトリエでの居心地は悪くないですからね。
それではよい一週間を!また月曜日!
ヴァンサン・ルフランソワ
 
J’ai beau revendiquer une longue expérience au Japon, certaines situations me laissent parfois perplexe. J’évoquais le 7 avril dernier une commande de dessins que m’avait faite la fabrique de pièces automobiles Morio Press, dont l’usine est à Fukuoka. Or cette affaire n’est toujours pas terminée (!) et j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi. Explications. J’ai d’abord pris, c’est vrai, beaucoup de retard sur le planning, mais en revenant de France fin août je me suis dépêché (!) de terminer les 17 dessins destinés à leur site internet. Début septembre, tout était rendu, le résultat sembla leur convenir.
 
Il ne restait plus alors qu’une image à rendre, mais très importante celle-ci, parce qu’elle devait illustrer une affiche pour leur campagne d’embauche prévue en octobre. Une première idée a d’abord été refusée par le patron. Jusque là, rien à redire, c’est le job, d’autant que je m’aperçois aujourd’hui que l’idée était du genre capillotractée, qu’il fallait examiner l’image au moins 3 minutes avant d’en comprendre le sens ! Quelques jours plus tard, vers la fin septembre, je leur proposais trois nouvelles idées. Plus simples, plus immédiates, elles obtinrent l’aval de la chargée en communication. Mais encore fallait-il avoir celui du patron. Et c’est là que tout s’est enrayé. Au bout de deux semaines, la réponse ne venait toujours pas. Au téléphone, on m’expliqua que le patron hésitait beaucoup (!?) et qu’il était trop occupé pour avoir le temps d’y réfléchir. Soit. J’attendais donc. Un mois. Puis je rappelai. Même réponse : le patron n’arrive toujours pas à se décider ! Et là j’ai entrevu le ferment culturel de son attitude. Et j’ai compris que ça n’aurait servi à rien de lutter, qu’il me fallait attendre. Au Japon, on fait comprendre plus qu’on ne dit. Le non-dit est tout aussi signifiant. Une idée qui ne suscite pas l’enthousiasme est une idée qui n’a pas convaincu. Pas d’alternative possible. En clair, si un Japonais te dit "ouais, c’est pas mal", tu peux remettre ton idée dans ta culotte et retourner au taf. J’ai eu à souffrir de nombreux malentendus à mes débuts. Maintenant je crois mieux sentir les choses. Enfin presque, parce que dans le cas présent, je ne parvenais pas à comprendre les raisons de son indécision. Etait-elle due à un manque de conviction, un manque de temps, de discernement ? Ou bien n’osait-il pas me dire qu’il trouvait mon idée à chier ? J’ai d’ailleurs proposé de revoir ma copie, mais on me répondit que ce n’était pas nécessaire. Bref, j’étais dans le brouillard, et je ne savais pas comment en sortir. Et puis soudain, jeudi dernier, un coup de fil : "OK, le patron a retenu l’idée nº2. On attend votre image !" Voilà, c’est tout. Rien compris, moi. Bon, j’imagine que la personnalité du boss y est pour beaucoup, mais cette histoire m’a convaincu de ne jamais baisser la garde, d’être attentif à tous les détails, dès le début de la négociation.
 
Avec ces dessins, mon rôle était de montrer les activités de l’usine, dans tous les détails du processus, de la conception à la fabrication, au moyen de vignettes vivantes et attractives. En enjolivant quoi. Au final, mes vignettes ne rendent pas vraiment l’atmosphère que j’avais ressentie en visitant l’usine, et à la vérité je n’ai pas pris un grand plaisir à les faire. En voici quelques-unes. Profitez-en parce que je ne les mettrai pas dans mon site.
J’espère seulement que l’objectif initial a été atteint. Si ça donne envie de venir y travailler, c’est gagné. Moi, après tout je suis pas si mal dans mon atelier.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
11/21/2008

La troisième semaine de novembre est traditionnellement marquée par deux événements majeurs : l’arrivée du Beaujolais Nouveau, et mon anniversaire. Avec cette petite différence que le Beaujolais a l’avantage de rester primeur chaque année, tandis que moi, comment dire, j’ai parfois la sensation de pas avoir été très bien rebouché. Je connais même des Bordeaux qui vieillissent mieux. Mais on s’y fait. Avec le temps, on apprend à maintenir une distance réconfortante sur toute chose, et aujourd’hui je me sens plus en accord avec moi-même qu’à 20 ans. Plus tranquille aussi.
Je n’ai pas l’habitude d’exhiber ma vie dans ce blog, mais ma femme m’ayant fait comprendre que si je ne postais pas de temps à autre quelques photos familiales, je passerais mon prochain anniversaire entre une Vache qui rit et un verre de mousseux, en voici trois, prises le soir même à la maison. Exclusivité mondiale.
 
Ah oui, afin d’éviter les commentaires ironiques et inquisiteurs : j’ai eu 42 ans.
Mais pour les cadeaux, c’est pas trop tard.
Bon week-end et à lundi.
Vincent Lefrançois
11/17/2008

移民した人がその土地にどれくらいなじんできたか、これって本人がどういう扱いを受けているかで分かると思うんです。当人の能力がどれくらい求められているのか、要求されるものの厳しさ、限界…つまり、ここがダメですって言われることでその国の人として扱われているか分かるってこと。 はっきり言って、言葉や文化的問題じゃなくて、それ以外のことで仕事をうまく進められないっていう困難に陥ったガイジンは、もうその国にすっかりなじんでるってわけ! 何でこんな話をするかって?東京で出会った人たちの反応ですよ。私はもう日本になじんでるんだなって分かったってこと!これからは自分のガイジンっていうオリジナリティはもう古いし、ガイジンだからって特別扱いはされないでしょう。もうガイジンだからっていう歓迎ムードもないだろうし、日本人みたいに自分をアピールしなきゃいけません。いいアイデアがあれば日本人と同じように認めてもらえるかも! また会うことを約束してくれた出版社もあるんですが、それって彼らが私の仕事を認めてくれたってことです。私の作品のスタイル、私の持つアイデア、それに私の画風が気に入っているからですよ。もし私が文化的な二面性のある作品を描いていると思われても、これって私の作品にそれだけの力があるってこと! ところで、要求はもっと多くなっています。日本のデッサン分野はとてもハイレベルだしすごい競争なので、認めてもらうのはすごく大変なんです。 実際、2つの出版社が私のBDに興味を持ってコラボレーションを求めてきたんです。でも、私がこの仕事をするなら、作品の前半を描いてからはフォーマットやターゲット、形式の違いは彼らが決めるっていう条件でね。 朝日でも同じこと。私の作品は認められてるんですけど、リニューアルに際して新しいものが必要だから未来のコラボレーションでは新たな独創性とサプライズが必要みたいです。 まあ、どっちにしろ考えるのは私です。簡単にはいかないってことですね。 NHKではまた一年仕事を続けることに決まりました!新しいクイズのアイデアとそのクロッキーを見せた甲斐があったってものです。
東京ではここ数年やってきたことの評価を受けました。どちらかというとやった仕事に満足しています。でも頂上に着くまでの最後の一山を越えるのが一番つらいってことは分かってますよ。
それに、お知らせしていたとおり、谷口ジローさんにも会いました。予定通り私の作品も見せましたし、予想通り彼はとっても優しかった。いきつけのタイレストランに行って夕食も食べました。思ったとおり、真心のこもった実りあるものになりました。彼のいつも変わらない態度は穏やかな安定を表わすもので、長年の熟考と苦労の賜物でしょう。穏やかさのお手本ですね。
私が60歳になった時、アトリエに若いイラストレーターをどんな風に受け入れるか考えています。礼儀正しくしている方がいいですよ。もちろん!当たり前でしょう?!
それではよい一週間を。また月曜日!
ヴァンサン・ルフランソワ

A propos de la condition féminine, Françoise Giroud disait cette phrase : «Il y aura égalité entre les hommes et les femmes le jour où on nommera des femmes incompétentes à des postes de responsabilité.» L’image est audacieuse mais diablement parlante. Or, je me suis dit qu’en élargissant le propos, on pouvait également mesurer la réalité de l’intégration d’un immigré dans son milieu d’adoption, à l’égalité de traitement dont il est l’objet, à la manière dont ses compétences particulières sont utilisées, à la rigueur que l’on exige de lui, à ses limites, et donc à son droit à l’échec. En clair, le gaïjin qui subit un revers professionnel, non pour des raisons linguistiques ou culturelles, mais pour son incapacité à convaincre ou mener à bien un projet, est un gaïjin qui déjà a réussi son intégration ! Je sais, on est à la limite du sophisme. Pourtant mon expérience sur le terrain tend à confirmer cette analyse. Pourquoi je parle de ça ? Parce que l’attitude de mes interlocuteurs à Tôkyô m’ont prouvé, si besoin était, que mon intégration japonaise est en passe de réussir (!) Désormais, la curiosité que suscitait l’originalité de ma situation semble dépassée, et si elle fonde encore mon travail, elle ne me dispense plus d’une légitime exigence. Sans plus espérer de bienveillance particulière, je dois faire mes preuves comme tout un chacun, avec pour corollaire cette idée que je peux en attendre les mêmes honneurs. Des éditeurs apprécient ce que je fais, et ceux qui ont accepté de me recevoir le faisaient pour cette seule raison. C’est aujourd’hui pour mon style, mes idées, les possibilités d’une collaboration, qu’on me considère (ou non), et plus seulement pour mon pittoresque. Or, même si l’on attend que j’appuie mon travail sur cette ambivalence culturelle, c’est pour moi déjà une victoire. Mais du coup, les exigences sont montées d’un cran. Comme le niveau au Japon est très haut dans le domaine du dessin, et la concurrence implacable, il faut du lourd pour les convaincre. Concrètement, deux éditeurs sont intéressés par mes BD et m’ont proposé une collaboration. A la condition cependant que j’amorce l’affaire, en réalisant une première partie du travail, à partir de laquelle ils détermineront le format, la cible, les différentes modalités. Idem à Asahi, où mon travail est apprécié, mais la nécessité d’un renouvellement éditorial conditionne notre future collaboration à une nouvelle idée originale et surprenante. Vraisemblablement, ma série Wandering Mind, quoiqu’il arrive, s’arrêtera en mars. Bref, dans tous les cas la balle est dans mon camp, et il va falloir que je dribble une sacrée rangée de défenseurs avant d’apercevoir le but. Au moins suis-je sélectionné. Les éditions NHK ont en revanche décidé de prolonger l’expérience d’un an ! J’étais venu avec une nouvelle idée de jeu, et les premiers croquis ont achevé de les convaincre.
A Tôkyô, j’ai pris la mesure du chemin parcouru ces dernières années. Je suis plutôt satisfait du travail effectué, mais conscient que la dernière côte avant le sommet sera la plus difficile.
Et puis comme prévu, j’ai rencontré Taniguchi. Comme prévu je lui ai montré mon adaptation, et comme prévu il a été indulgent; comme prévu nous sommes allés dîner dans ce restaurant thaïlandais où il a ses habitudes, et comme prévu ce fut cordial et enrichissant. L’égale humeur de ce Monsieur est pour moi la marque d’une tranquille assurance, modelée par des années de réflexion et de labeur, jusqu’à l’apex de son art.
Je me demande comment moi, à 60 ans, j’accueillerai les jeunes dessinateurs dans mon atelier. Ils auront intêret à être déférents ces petits cons. Non mais oh.
Bonne semaine et à lundi.
Vincent Lefrançois
10/27/2008
歴史的瞬間です!今日のブログは新しいコンセプトに基づいてるんです!「ブログなし」!まさに革命的なことですね!ブログみたいですけどホントは違うんです。簡単に言うと、今日のは、今週はブログがありませんっていうお知らせです。 はいはい、分かってますよ。こんなの詐欺ですよね。でも、読者のみなさんに待っててもらうにはこうするしかないって思ったんです。 本当に最近はすることが沢山あって、ブログを書く時間がないんです。 特に、10月30日から11月4日まで東京に行くので準備に大忙しなんです。過去・現在・未来のクライアントに会って、私を通じて国の経済を盛り立てていこうとしてるんですよ! 2009年にカスターマン社から出版される最新の作品のアダプテーション第一稿を渡しに谷口さんにも会う予定なんです。つまり、落ち着いてなんかいられないってこと!
それに、帰ってきたらもっとほかにも話すことがあると思います。上手くいけば11月10日。もし原子爆弾が私たちを脅かさないのなら・・・ですけど!
幸運を祈っててください!お返しにキスを送りますから!
それではよい一週間を。またね!
ヴァンサン・ルフランソワ
Le moment est historique : je vais inventer sous vos yeux un concept qui fera date, le non blog. Révolutionnaire. Un non blog, c’est le Canada Dry du blog. Ça en a les apparences trompeuses mais ça n’en est pas un. En fait, ces quelques lignes, c’est juste pour dire qu’il n’y aura pas de blog (non plus) cette semaine ! Oui je sais, c’est une escroquerie. Mais j’ai rien trouvé de mieux pour faire patienter mes gentils lecteurs, réguliers ou non. Quant à ceux qui ne me lisent jamais (les plus nombreux) je pourrais émigrer en Australie, ils s’en rendraient même pas compte, alors je leur parle même pas. Vraiment, j’ai tant de choses à faire en ce moment qu’il m’est impossible de me poser pour écrire. Entre autres choses, je prépare activement mon prochain séjour à Tôkyô, du 30 octobre au 4 novembre, au cours duquel je rencontrerai mes clients, passés, actuels et potentiels, pour tenter de rebooster l’économie du pays, en commençant par la mienne. Je prévois également de rendre visite à Taniguchi, pour lui soumettre les premières pages de l’adaptation de son prochain livre à paraître en 2009 chez Casterman. C’est vous dire si je flippe.
Et puis bien d’autres choses dont je vous reparlerai à mon retour, le lundi 10 novembre si tout va bien, et si aucune attaque nucléaire ne vient perturber nos existences d’ici là.
Souhaitez-moi bonne chance, je vous ferai une bise en retour. Parce que vous le méritez.
Bonne(s) semaine(s) et à tout bientôt.
Vincent Lefrançois
10/6/2008

先週のことをお知らせしなかった埋め合わせに、現在進行中のイベントを紹介します。 福岡のソラリアプラザで開催中の展覧会についてはもうお知らせしましたね。9月8日のブログを見てください。10月31日まで開催しているんですが、まだ見ていない人は急いだ方がいいですよ。「時間がなかった」って言い訳は認めませんからね! ところで、このイベントの目玉は、このために描かれたオリジナルの作品をラッキーな3人がもらえるってことです。まあ、私が言う「ラッキーな人」っていうのは適当に選ばれた人っていうわけじゃないですけど。「そこのキミ!そう、革のブーツを履いた茶髪のキミ!アーティストのアトリエに行ってみるなんてどう?」なーんてね。いやいや、私が苦労して描いた絵にはもっと価値があるんですよ!もらうためには結構難しいゲームをしなきゃいけないんです。 こういう感じの6つの絵が各階のエレベーターの近くに飾られています。この中に隠れている漢字を見つけてください! 私はいまだに見つけられません。バカみたいですね。自分のイラストがほしくても、これじゃあもらえないじゃないですか! もしイラストが私のところに返されてきたら、それって正解者がいないから?いやいや、これって今世紀最大のペテンですよ!賞品を渡さないために解けない問題を出すなんてね! 賞品となる3つのイラストは注文されたもの…つまり、私にはお金が支払われてます。テーマについては、絵のどこかにソラリアプラザを描くってこと以外は自由だったんです。ソラリアの歴史の特徴をはっきりさせたり、新しい見方をしてみたり、意外で現実離れした状況のソラリアを描くのが楽しかったなぁ。 その3つの絵は今6階に展示されています。もうすぐサイトに載せますね。 今のところは、さあ、そのうちの一枚をどうぞ!シンプルにヴェネチアという名を冠した作品です。なぜって・・・それは・・・ねえ。

じゃあ、もし10月31日までにソラリアに来る事があったら、運試しをしてみて下さい。お近くにお住まいなら、賞品は私が自分で渡しに行きますよ。(もしあなたが革のブーツを履いた茶髪の女の子ならもっと遠くにもね!)
それではよい一週間を。また月曜日!
ヴァンサン・ルフランソワ

Pour rattraper ma négligence du week-end dernier, en voici un d’événement qui lui est toujours en cours. J’ai déjà évoqué cette exposition de planches qu’organise le centre commercial Solaria Plaza, à Fukuoka - voir ma note du 8 septembre. Elle est en place jusqu’au 31 octobre, mais que les retardataires se dépêchent tout de même, parce que l’excuse "j’ai pas eu le temps" sera pour le coup tellement grossière qu’elle vaudra une excommunication à vie de ma mémoire. Or, en point d’orgue à l’événement, trois veinards pourront gagner un original, dessiné pour l’occasion. Enfin quand je dis "veinards", attention, ils seront pas choisis au hasard, genre : eh toi, la petite brune en bottes de cuir, ça te plairait de visiter un atelier d’artiste ? Non, un dessin sur lequel j’ai sué, ça se mérite. Pour ça il faudra répondre à un jeu du genre costaud. Six compositions optiques comme celle-ci sont en effet accrochées près des ascenseurs, à chaque étage du bâtiment. A vous de retrouver le kanji qui s’y cache (!) Moi j’ai toujours pas trouvé. C’est con, même si je voulais je pourrais pas gagner mes dessins. Alors à part Robocop, Steve Austin, ou le concepteur du jeu lui-même, je vois pas très bien qui peut gagner. Et si carrément je récupérais les dessins, faute de gagnant ? Ah ah, c’est l’arnaque du siècle : on fait des jeux incompréhensibles pour récupérer les lots… !
Les trois dessins m’ont été commandés, donc payés. Et j’avais carte blanche quant au thème, à condition qu’apparaisse le bâtiment, d’une façon ou d’une autre, de près ou de loin. Je me suis amusé à le replacer dans un contexte pittoresque et inattendu, afin de mettre en évidence une particularité de son histoire, ou d’en offrir une vision paradoxale. Ils sont actuellement exposés au 6e étage, je les mettrai bientôt en ligne dans mon site. En attendant, voici l’un d’eux, sobrement intitulé Venise parce que… parce que bon.

Alors si vous passez à Solaria avant le 31 octobre, tentez votre chance, d’autant qu’il est prévu que je vienne vous donner votre lot en mains propres si vous habitez dans le coin ( voire plus loin si vous êtes une petite brune en bottes de cuir ).
Bonne semaine et à lundi
Vincent Lefrançois
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